Bourghelles : la Ferme Sainte Barbe

Un peu d’histoire…

Cette grande ferme aux cent pigeons constitue un bel exemple des censes, exploitations à plan fermé fréquentes dans toute la Picardie et en Pévèle Carembault. Parfois appelée la ferme blanche, la Ferme Sainte Barbe de Bourghelles est construite au début du XVIIIe siècle.

Du côté de l’architecture

1706 est la date que nous pouvons lire au-dessus de l’entrée principale. L’ensemble des bâtiments est totalement bâti en briques, la toiture en tuiles flamandes et, à l’intérieur comme à l’extérieur. Le bas des murs est enduit de goudron afin de le protéger contre les éclaboussures des eaux tombant des toitures.

Ce bâtiment est agrémenté d’un porche-pigeonnier. Le niveau supérieur du pigeonnier comporte 108 trous de boulins, orifices délimités par des briques placées en damiers afin de recevoir les pigeons.

 Le pigeonnier, un privilège

Avant la Révolution française, le droit de colombier n’était accordé qu’aux seigneurs ayant un fief et des censes et une surface de terre labourable suffisante. Les paysans n’avaient pas le droit d’empêcher les pigeons de se nourrir sur leurs champs et assistaient ainsi, impuissants, au saccage de leurs récoltes. C’est pourquoi les cahiers de doléances rédigés pour les Etats généraux de 1789 en demandaient souvent la suppression.

Le droit de colombier a donc été l’un des premiers « privilèges féodaux » abolis dans la nuit du 4 août 1789. Si l’article 1 du décret de l’Assemblée nationale signifiait, de façon générale,  la fin du régime féodal, l’article 2 concernait spécifiquement le droit de colombier : « Le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés ; et, durant ce temps, ils seront regardés comme gibiers, et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain. »

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