Camphin-en-Pévèle : la Chapelle de Luchin

Cette modeste chapelle est bâtie tout en brique. La Chapelle de Camphin-en-Pévèle est connue sous le nom de chapelle de Luchin, son véritable patronyme est inconnu. Toutefois, elle semble avoir été dédiée à la Vierge Marie.

La chapelle de Luchin se situe à l’extrémité sud-est de l’ancien parc du château de Luchin dont c’était jadis l’une des entrées. Au-delà de la grille s’étire une allée qui traverse un bois et amène le visiteur au niveau de la cour d’honneur de ce qui fut le château de Luchin. C’était le siège d’une seigneurie et les bâtiments ont été plusieurs fois rebâtis ou agrandis, notamment en 1722 par Romain T’Kint,  puis vers 1840 par la famille de Brigode-Kemlandt. Des transformations aux murs du potager ont été envisagées dès 1809 et seulement exécutées en 1810-1811. Bien que la présence de cette chapelle soit attestée depuis longtemps (visible sur des plans du XVIIIe siècle et sur le cadastre de 1824), il est possible que la chapelle veille sur cette entrée depuis plus longtemps encore…

La mode “Troubadour”

Le style néo-gothique de la chapelle semble plutôt la faire appartenir au chantier qui a transformé de façon colossale le château vers 1840. Elle représente un exemple précoce de ce style religieux, qui fera fureur sous le Second Empire. Ainsi des détails, comme la porte d’entrée, l’autel, les arcs en accolade, témoignent de cette attribution en pleine mode du gothique dit « troubadour ». La façade est cantonnée de deux pilastres en briques qui ont peut-être porté autrefois des ornements, voire des statues. Le pignon aigu est percé d’une porte dont l’arc est ogival, surmontée d’une petite rosace. Au tympan de la porte en menuiserie comme aux vantaux se voient de beaux entrelacs dessinés par les petits bois courbes enserrant des vitres. Les faces latérales comportent des fenêtres ogivales dont plusieurs sont fictives, murées en briques.

L’intérieur est voûté d’ogives aux nervures saillantes et peintes, l’autel est détaché du mur du fond et s’élève sur trois marches en bois. De nombreuses statues de plâtre décorent cet intérieur. Dans l’abside, sur les pans latéraux à l’autel, des niches renferment des statues et sont surmontées d’un arc en accolade terminé par un fleuron. Ce motif caractéristique est repris au-dessus du tabernacle.

  • rss
  • imprimer