Ennevelin : l’Eglise Saint-Quentin

Un peu d’histoire…

L’église d’Ennevelin doit son nom à l’abbaye Saint-Quentin en L’Isle située aux confins de la ville actuelle de Saint-Quentin. La première mention écrite date de 1106 mais l’édifice n’est connu qu’à partir de 1442 lorsque les habitants déclarent qu’ils sont imposés pour sa reconstruction.

On ne peut parler de l’église sans évoquer les cloches. Il existait autrefois trois cloches. Pendant la Révolution, en 1793, deux d’entre elles ont été déposées dans les Magasins de la République à Lille. La troisième est restée en service pour annoncer les événements importants de la commune.

Cependant, le 6 juin 1795, transportés de joie par l’annonce du traité de paix entre la France et la Prusse, les jeunes gens de la commune ont sonné avec tant de force que la cloche s’est cassée. Un échange a eu lieu en 1797 contre la même quantité de métal.

Pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands ont volé deux cloches. La plus petite est remplacée en 1919 grâce à une souscription auprès des paroissiens et des officiers, sous-officiers et soldats du 51e bataillon Royal Irish Fusiliers. C’est ainsi qu’en 2009, des descendants de ces soldats sont passés dans la commune pour enregistrer le son de la cloche offerte par leurs ancêtres.

Du côté de l’architecture

Eglise-halle, à trois larges nefs couvertes chacune d’une toiture à deux pans, aux pignons percés de hautes fenêtres, on la croirait entièrement construite à une même époque. De nombreux conflits ont endommagé l’édifice comme en 1641, au cours de la guerre de Trente-Ans, où les soldats français l’ont incendiée. Si la nef centrale et celle du nord ont été élevées vers 1443, c’est seulement en 1741 que la troisième nef a été rajoutée ; dans le même esprit que celui du XVe siècle.

A l’intérieur, les trois nefs vont subir d’importantes transformations architecturales au début du XIXe siècle. Les murs et les voûtes de bois seront plâtrés, les poutres transversales coupées. En 1852, l’architecte Charles Leroy place un décor néo-gothique dans la nef centrale et le chœur qui, au fil du temps,  masquera les dégâts causés par l’humidité mais nécessitera d’importants travaux au début des années 1970.

On peut dire aujourd’hui de l’église d’Ennevelin, qu’elle est une « église retrouvée ». Le travail exemplaire de restauration de l’intérieur, achevé en 1978, par M. Villette, artisan sous la direction d’Alain Plateaux, conseiller technique de l’évêché, suivi en 1999 de la restauration de l’extérieur, restitue le lieu dans sa beauté première.

La tour massive du clocher construite en briques et pierres, précède la nef suivant une disposition coutumière de l’architecture flamande. Sur le mur sud, on peut observer un cadran solaire remis en fonction lors de la restauration des murs.

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