Genech – La ferme de l’Institut

Un peu d’histoire…

Tout commence aux XIIIe et XIVe siècles avec le site du château de la famille d’Antoing. Il se trouvait à l’est sur une motte qui est encore visible sur le plan du village de Genech établi par les ingénieurs du roi pour dresser la carte des frontières de Calais à Mertzig. Puis, il a appartenu à la famille de Ligne qui possédait la seigneurie de Genech aux XIIIe et XIVe siècles.

Au fond de l’immense cour de l’ancienne ferme, on peut toujours voir le site du dernier château seigneurial de Genech. Il était établi sur une butte ou motte artificielle entourée de fossés, jadis larges, actuellement comblés sur leur plus grande partie.

De succession en succession

C’est peut-être à la famille de Sainte-Aldegonde qu’est due sa construction, mais on peut penser que c’est plutôt à la famille Alaerts, dite de Caprycke, que l’on doit la reconstruction du château en ce lieu dans le dernier quart du XIVe siècle.

Le château passe ensuite par succession directe aux familles Blondel et Sainte-Aldegonde. C’est à cette dernière famille que l’on doit probablement l’édifice que l’on voit sur les gouaches réalisées au début du XVIIe siècle par Adrien de Montigny pour le duc de Croÿ. La disposition des bâtiments montrée par cette reproduction semble assez fidèle et laisse penser qu’à cette époque le château devait être déjà amputé de certaines constructions. Un haut bâtiment en briques, percé d’ouvertures à meneaux sur la façade donnant sur la motte est précédé au nord-ouest par plusieurs bâtiments semblant séparés de l’édifice principal et formant les communs. Ces constructions basses se terminent, à l’ouest par une haute tour servant probablement de pigeonnier. Cet ensemble a été, sinon détruit, au moins fortement endommagé par un incendie qui, peu avant 1600, faillit coûter la vie à l’épouse du comte Maximilien de Sainte-Aldegonde. L’ensemble (daté de 1630) fut alors reconstruit ainsi que les bâtiments de la ferme tels qu’on les voyait encore avant la guerre de 1914-1918.

Le château se dégrade

L’absence de la famille de Sainte-Aldegonde qui abandonne l’occupation du château vers 1740 aboutit à la ruine progressive des édifices qui nécessitent d’importantes réparations dans les années 1760. A la veille de la Révolution, Balthazar de Sainte-Aldegonde fait transformer l’édifice en adjoignant en particulier, comme c’était la mode à cette époque, un grand salon en avancée sur les douves.

Le château, dans son état final, fut terminé en 1784 sur les plans de l’architecte lillois Lesaffre et les nouvelles constructions furent inaugurées pour le mariage de la fille du seigneur célébré à Genech en 1787. Dix ans après il n’en restait plus rien, le château avait été incendié lors de la présence des troupes autrichiennes durant le siège de Lille en 1793.

La ferme

L’entrée de la ferme.

La cour de la ferme est immense, un peu plus de deux hectares. Les bâtiments étaient disposés en U de part et d’autre de l’entrée, toujours actuellement à la même place.

Une grange imposante formait le côté droit (ouest) de la cour, prolongée de l’ancienne brasserie du XVIIe siècle.A gauche (est) se voyaient principalement les bergeries. Le long de la rue, le porche d’entrée auquel était accolée une haute et mince tour cylindrique (1630). A gauche de ce porche, l’habitation du fermier et, à droite, des bâtiments d’exploitation.

Destructions

Le porche et la tour ont été détruits par l’armée allemande en 1918. La brasserie et la grange ont malheureusement disparu avec les agrandissements rendus nécessaires par le développement de l’Ecole d’Agriculture.

Laissée à l’abandon à la fin du XIXe siècle, la ferme de l’ancien château de Genech a été acquise par Félix Dehau, maire de Bouvines, pour y installer une école d’agriculture. C’est grâce à l’abbé Deffontaines, son directeur dans les années 1960, que l’école, depuis Institut de Genech, a pris l’importance qu’on lui connaît aujourd’hui.

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