Templeuve-en-Pévèle : la mairie-centre

Un peu d’histoire…

Une maison commune et des halles ont existé à Templeuve-en-Pévèle jusqu’à la Révolution de 1789 entretenues par l’abbaye d’Anchin, seigneur du lieu. Une partie était en bois. En mauvais état, elles ont été démolies au début du XIXe siècle et l’emplacement vendu pour combler les dépenses communales vers 1815. Les réunions du Conseil municipal se tiennent alors dans l’ancienne maison du vicaire, 1 rue Neuve.

Puis, une mairie est construite en 1827 sur les plans d’Achille Dewarlez, architecte lillois. C’est un bâtiment de style néo classique, situé au même emplacement que les précédents. Le gros œuvre existe encore au 1 rue de Roubaix, mais a été privé de ses ornements architecturaux vers 1970.

Le 13 mai 1882 la municipalité souhaite la construction d’un nouvel et plus grand édifice. Le 26 mars 1893, « Vu la proposition de Monsieur Louis Bonnier, architecte DPLG, demeurant à Paris, qui, voulant rendre service à son village natal, soffre de se charger gratuitement de tout ce qui peut regarder sa profession en ce qui concerne la construction de la nouvelle mairie ». Le Conseil accepte cette initiative avec reconnaissance.

L’édifice est achevé en 1894 et la réception définitive se fera en 1898. Le 8 juillet 1894, le Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts accorde un buste de la République pour la nouvelle mairie. L’inauguration de la nouvelle mairie est reportée sine die. Elle n’aura jamais lieu.

Le 23 décembre 1915, les services municipaux doivent quitter la mairie réquisitionnée par les autorités allemandes pour en faire un second lazaret.

Le bâtiment, classée Monument historique en 2002, est restauré et réaménagé entre 2003 et 2007. Il n’exerce plus le rôle de mairie depuis 2003. Les services municipaux sont aujourd’hui installés au Château Baratte. L’édifice conserve le nom de « mairie centre » et accueille des bureaux au rez-de-chaussée ainsi qu’une salle de réunion et d’exposition à l’étage.

Un peu d’architecture

Cet édifice tout en brique est remarquable à plus d’un titre. Louis Bonnier a réussi à imposer la construction et à lui donner son rang à côté de la masse imposante de l’église toute proche. A la fin du XIXe siècle, c’est une audace de ne pas employer le style éclectique à la mode depuis le Second Empire. L’architecte ose dessiner des façades asymétriques, placer un beffroi sur l’angle, varier les volumes et réduire le décor aux parties essentielles, dont la superbe corniche en bandes lombardes, scandée de fers d’ancrage en forme de chauve-souris, rappel discret, sinon humoristique, des sorcières de Templeuve-en-Pévèle.

La grande toiture ardoisée reprend audacieusement la forme des absides de l’église, mais est plus élevée. L’intérieur, dont l’escalier, la grande salle et sa cheminée, fait preuve de la même maîtrise, qui allie la tradition de l’architecture fonctionnelle et des innovations qui annoncent l’Art nouveau. Ce très grand architecte qui a beaucoup travaillé à Paris mérite la remarque de Siegfried Giedron : « le travail de précurseur accompli sans bruit par Bonnier ». C’est son 10e projet sur les 52 principaux qui lui sont attribués.

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