Les résultats présentés ci-dessous sont issus de l’étude réalisée par la Coopérative Mu et Elodie Caillaud. Ils offrent une photographie des principaux enjeux dans un agencement de bureaux classique. Les connaitre permettra ensuite d’éco-concevoir un agencement intégrant la dimension qualité de vie au travail.

Principaux résultats de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV)

L’ACV réalisée par la Coopérative Mu permet d’identifier, de manière préventive, les principaux points chauds du cycle de vie de l’agencement. Pour rappel, on considère ici un agencement moyen, non éco-conçu.

Observons ici les résultats selon deux points de vue : considérons les résultats par étape de la vie de l’agencement, puis considérons les impacts environnementaux par famille de produits.

Si l’on considère le cycle de vie de l’agencement, on observe que l’étape d’extraction des matières premières et de fabrication de l’agencement est l’étape génère le plus d’impacts environnementaux. Fabriquer l’agencement a donc de forts impacts environnementaux. Viennent ensuite les étapes d’utilisation et de fin de vie. Le fait d’occuper la Passerelle génère des déchets (papier) et des consommations d’énergie (éclairage, chauffage…). La fin de vie contribue également aux impacts environnement, car un agencement de bureaux classique n’est pas toujours recyclable. L’incinération et l’enfouissement des déchets de mobilier ou de rénovation ont alors un impact environnemental notable. La distribution génère également des impacts environnementaux non négligeables, un approvisionnement local peut donc présenter un intérêt environnemental.

Considérons maintenant la contribution de chaque catégorie de produits aux impacts environnementaux. Pour rappel, l’agencement peut être divisé en trois catégories de produits qui sont : les équipements électriques et électroniques, le mobilier et les éléments d’espaces (sols, murs, plafonds). Les impacts des différents éléments de l’agencement sont illustrés dans la figure ci-dessous. Les équipements électriques et électroniques ont un impact environnemental fort. Cela s’explique notamment par la présence de métaux rares ou dont l’extraction est polluante. C’est également le cas pour certains éléments de mobilier, comme les caissons de bureau. Une grande part de ces impacts est liée à la présence de métal dont l’extraction et la transformation est énergivore et émettrice de polluants dans l’eau.

Pour éco-concevoir l’agencement de bureau, il est donc essentiel de s’intéresser de près aux équipements électriques et électroniques et de questionner l’intérêt du recours aux pièces métalliques.

Principaux résultats du diagnostic qualité de vie au travail

Le diagnostic qualité de vie au travail permet une approche globale du travail et notamment de repérer ce qui influence la perception de la qualité de vie au travail.

Parmi les facteurs qui influencent la qualité de vie au travail, certains sont directement liés à l’agencement, à l’espace de travail et d’autres sont liés au fonctionnement de la Passerelle et à son environnement et notamment aux collectifs qui y travaillent.

Parmi les facteurs directement liés à l’agencement on retrouve des enjeux qui touchent à la santé au travail et aux conditions de travail, comme l’ergonomie du poste de travail. Celle-ci se traduit principalement par une chaise et un bureau dont la taille et la hauteur sont adaptées à l’usager. Il est également important de pouvoir changer de position au cours de la journée. L’accès à la lumière naturelle, la qualité de l’air intérieur ainsi que la qualité de l’acoustique sont également des critères de qualité de vie au travail significatifs.

Enfin, l’agencement influence le contenu et le sens du travail. Mon espace de travail me permet-il de travailler en groupe ? De m’isoler facilement ? De recevoir des clients dans de bonnes conditions ? Autant d’éléments qui favoriseront le sentiment de qualité de vie au travail. Le projet passerelle souhaite mettre en avant cet équilibre possible entre espaces ouverts avec une attention particulière portée sur l’acoustique et des espaces fermés avec demande actuelle importante soit pour travailler, soit pour se reposer au calme et ainsi permettre d’intégrer l’importance du rythme circadien (rythme regroupant tous les processus biologiques cycliques du corps sur une cycle d’environ 24h),  et notamment l’autorégulation corps-esprit naturelle . L’ambition est aussi de créer deux espaces de réunion, dont un espace de créativité pour renforcer l’innovation et la créativité.

«  De l’isolement pensé pour la concentration à la collaboration et à l’ouverture, la transformation de l’espace de bureau correspond à la profonde transformation des modes de production et de consommation.”Source : OID 2015, L’innovation, levier de création de valeur dans l’immobilier, http://www.o immobilierdurable.fr/etude-innov-oid/

Le diagnostic relève également des enjeux qui ne sont pas directement reliés à l’agencement. Ils sont à intégrer dans le fonctionnement du futur bâtiment Passerelle et à son environnement. Parmi ces enjeux on retrouve notamment la question de la mobilité, le besoin d’intégrer des services annexes (conciergerie, crèche, restauration…) et la nécessité de proposer un service numérique performant et sécurisé.

 Le diagnostic intègre nécessairement le collectif et notamment les modes de coopération entre les utilisateurs. Pour ainsi permettre de créer un sentiment d’appartenance et contribuer à donner du sens au travail, une attention est posée sur l’importance de l’animation de l’espace, ce qui ouvre deux questions :

– comment les animateurs de Passerelle peuvent apporter une dynamique de partage et d’échanges entre les personnes qui fréquentent l’espace et notamment pour les co-workers ?

– comment les entreprises et notamment les télétravailleurs qui intègreront Passerelle peuvent se nourrir des modes de coopération et d’interrelations qui animeront l’espace ?

 

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